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  • : Le Yoga est l'expérience directe de la Réalité. C'est la réalisation du Soi dans sa plénitude ; l'état Divin. Dans ce blog vous trouverez l'essentiel de ce que vous devez savoir sur ce sujet : l'historique, la philosophie, la métaphysique, les différentes formes de Yoga, la réalisation spirituelle. De nombreux textes anciens de référence, un lexique, une bibliographie et quelques vidéos (v) complèteront cet enseignement.
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VIII - Le Jnâna-yoga

Mardi 1 avril 2008

« Même si tu es le plus grand pécheur par-delà tous les pécheurs, tu franchiras tout le mal tortueux dans la nef de la Connaissance. Comme un feu attisé réduit son bois en cendres, ô Arjuna, ainsi le feu de la Connaissance réduit en cendres toutes les œuvres. Il n’est rien au monde qui soit égal en pureté à la Connaissance ; l’homme rendu parfait par le Yoga découvre cela dans le Moi, de lui-même, avec le temps. Celui qui a foi qui a conquis et maîtrisé son mental et ses sens qui a fixé tout son être conscient sur la Réalité suprême, celui-là atteint la Connaissance ; et, ayant atteint la Connaissance, il va rapidement à la Paix suprême. » (Bhagavad-Gîtâ IV. 36 à 39)

PRESENTATION :

Le Jnâna-yoga est devenu une voie propre de réalisation spirituelle, sous l’influence directe du Védanta et plus particulièrement de l’Advaïda-védanta. Déjà à l’honneur dans le Sâmkhya, la discrimination systématique des divers plans de la Réalité, prit dans le Védanta la forme d’une véritable méthode scientifique, pour dégager le Soi du non-Soi.

 

«L’ignorance de la Réalité, c’est prendre l’impermanent, l’impur, le malheur, ce qui n’est pas le Soi, pour le permanent, le pur, le bonheur, le Soi.» (Yoga-Sûtras II. 5)



MOYENS ET QUALIFICATIONS :


Sans une connaissance précise et intime des grands principes de l’Etre, nous n’avons que peu de chance de réaliser le Soi (si ce n’est que par la Grâce Divine). Dans cette école de réalisation, plusieurs grandes étapes se présenteront successivement au chercheur de Vérité :

 

La bonne volonté : la bonne volonté est l’inclinaison naturelle de l’aspirant pour toutes les questions d’ordre spirituel. Plus notre désir de connaissance sera grand, plus nous serons en mesure de comprendre et de réaliser les différents plans de l’Etre.


La réflexion : la réflexion est l’étude méthodique des grands textes du Yoga, par la lecture, l’analyse et
l’écoute attentive des êtres déjà réalisés.


La subtilité de l’esprit : la pratique régulière de la réflexion et de la méditation permettra à l’aspirant de
saisir le caractère subtil de l’esprit.


La perception de la Réalité :  la Réalité deviendra alors de plus en plus manifeste, pour l’aspirant ayant
déjà réalisé le caractère subtil de l’esprit.


La disparition de l’attrait du monde : l’approche de la Réalité s’accompagnera d’un sentiment profond de
joie intérieure qui fera perdre au monde peu à peu son attrait.


La disparition des formes visibles : les formes visibles de l’univers seront perçues, non plus comme des entités distinctes et indépendantes les unes par rapport aux autres, mais comme autant d’ émanations d’une seule et même Réalité.


L’entrée dans le quatrième état : le yogin parviendra alors à un niveau de réalisation où le voyant, le vu et l’action de voir ne seront plus distincts.

 

Le Jnâna-yoga est une école propre de réalisation spirituelle qui demande de grandes facultés intellectuelles pour : délimiter le champ de la connaissance (Prakriti), reconnaître le Connaissant (Purusha) et pour unir les contraires dans le Moi Suprême (Purushottama). Pour le Jnâna-yoga, il n’existe en fait que deux catégories d’individus sur terre : ceux qui connaissent leur propre Soi et les autres.

Par Philippe Pankratoff
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Samedi 5 avril 2008

La première chose que l’aspirant spirituel devra acquérir sur le chemin du Yoga, est la connaissance intime des grands principes de l’Etre (voir chap. 3). Sans cette connaissance, aucune sâdhanâ  ne pourra être menée à terme, faute d'une base théorique solide.

Que nous suivions la voie propre du Hatha-yoga, du Râja-yoga, ou de tout autre forme de Yoga, il nous faut à la fois (re)connaître notre situation de départ, notre chemin à suivre et notre but à atteindre. La Connaissance consistera dans un premier temps, à éliminer toutes les fausses conceptions du Soi, toutes les fausses identifications et vues erronées de l’esprit. Le Soi se révélera alors à l’esprit épuré, comme étant l’Essence même de l’Etre. Dans le Jnâna-yoga, la pensée est toujours orientée sur la Réalité Suprême.
                                                                                                                                                            

LE CHAMP ET LE CONNAISSANT DU CHAMP :

 

« Sache que Purusha et Prakriti sont tous deux sans origine et éternels ; mais les modes de la Nature et les formes inférieures qu’elle assume pour notre expérience consciente ont leur origine en Prakriti. La chaîne des causes et des effets et l’état d’auteurs de l’action sont créés par Prakriti ; Purusha ressent le plaisir et la douleur. Purusha engagé en Prakriti jouit des qualités nées de Prakriti ; l’attachement aux qualités est la cause de sa naissance en des matrices bonnes et mauvaises. Témoin, source de l’assentiment, soutien du jeu de la Nature, jouissant de la Nature, Seigneur tout-puissant et Moi suprême, telle est l’Ame suprême logée en ce corps.

Celui qui connaît ainsi le Purusha et la Prakriti avec ses qualités, de quelque manière qu’il vive et agisse, il ne renaîtra pas. Cette connaissance vient par une méditation intérieure à travers quoi le Moi éternel devient pour nous apparent dans notre existence propre. Ou elle vient par le Yoga des Sâmkhyas. Ou elle vient par le Yoga des œuvres. Il en est aussi qui, ignorants de ces routes du Yoga, peuvent entendre la vérité dite par d’autres, et modeler leur esprit dans le sens de ce qu’ils écoutent avec foi et concentration. Mais, par quelque voie qu’on y atteigne, cette vérité nous emporte par-delà la mort à l’immortalité.

Tout être qui naît, mobile ou immobile, sache, ô meilleur des Bhâratas, qu’il naît de l’union entre le Champ et le Connaissant du Champ. Logé également en tous les êtres, Seigneur impérissable au-dedans du périssable -celui qui (le) voit, il voit. Percevant l’égal Seigneur comme l’habitant spirituel en toutes les forces, toutes les choses et tous les êtres, il ne se blesse pas lui-même, et ainsi il atteint à la condition suprême. Celui qui voit que toute action est faite en vérité par Prakriti, et que le Moi est le témoin inactif, il voit. Quand il perçoit l’existence diversifiée des êtres demeurant dans l’Etre éternel unique et jaillissant de Lui, alors il atteint au Brahman.

Parce qu’Il est sans origine et éternel, non limité par les qualités, le Moi suprême impérissable, ô Kaunteya, bien qu’il soit logé dans le corps, n’agit pas, ni n’est affecté. Comme l’éther tout-pénétrant, en raison de sa subtilité, ne saurait être affecté, ainsi, partout logé dans le corps, le Moi n’est pas affecté. Comme l’unique soleil illumine la terre entière, ainsi le Seigneur du Champ illumine le Champ entier, ô Bhârata. Ceux qui, par les yeux de la connaissance, perçoivent cette différence entre le Champ et le Connaissant du Champ et comment les êtres se libèrent de Prakriti, ils parviennent au Suprême. »
(Bhagavad-Gîtâ XIII. 20.à35)

 

PURUSHOTTAMA : LE MOI SUPREME :


La Connaissance du
Purushottama  est celle-là même révélée à Arjuna par Krishna, dans la Bhagavad-Gîtâ. Le Moi Suprême se révèle comme étant au-delà de toute dualité (voir chap. 3). C’est Lui, le Purushottama et Lui seul qui donne la victoire à Arjuna.

 

« Il y a en ce monde deux Purushas (êtres spirituels), l' immuable (impersonnel) et le muable (personnel) ; le muable, ce sont toutes ces existences ; le  kûtastha  (la conscience  élevée  de  la  condition  brahmique)  est  appelé l' immuable. Mais autre que ceux-là est cet Esprit suprême appelé le Suprême Moi qui entre dans les trois mondes et les soutient, le Seigneur impérissable.

Puisque Je suis au-delà du muable, et plus grand et plus haut que l' immuable même, dans le monde et dans le Véda, on Me proclame le Purushottama (le Moi Suprême). Celui qui n' est pas dans l' erreur et qui Me connaît ainsi comme le Purushottama, celui-là M'adore, avec une Connaissance complète et dans tous les modes de son être naturel.

Ainsi le plus secret shâstra (enseignement et science suprême) a par Moi été annoncé, ô toi sans péché. Le connaître absolument, c' est être devenu parfait en Connaissance et c' est, au sens suprême, ô Bhârata, réussir.»
(Bhagavad-Gîtâ XV. 16 à 20)                                                                                                    


 

 

 

 

 

Par Philippe Pankratoff
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Dimanche 6 avril 2008

« Le monde entier est le jeu de la Conscience universelle. Celui qui le voit de cette façon, devient libéré tout en étant dans ce corps. »

LE MIROIR SPIRITUEL :

L'univers entier est réfléchi dans le miroir spirituel de la Pure Conscience. Le yogin, dont la shakti (son pouvoir de compréhension) a été éveillé par la grâce du Seigneur, voit que toutes ses actions, toutes ses pensées et toutes ses émotions se manifestent à l'intérieur de la Pure Conscience. Sa vision qui jusqu'alors était limitée, devient par là me^me illimitée.

« C’est donc à l’intérieur de Lui-même que se déploie l’image de l’univers. Où donc pourrait-elle le faire, puisque rien n’existe en dehors de Lui ? En  l’absence de la Conscience Pure, rien ne peut jamais exister nulle part. L’idée même d’un lieu d’où la Conscience serait absente est contradictoire. La Conscience suprême apparaît donc bien comme la Grande Puissance capable de dissoudre l’univers. De même que les vagues n’existeraient pas sans la mer, ni les rayons de lumière sans le soleil, de même l’univers n’existerait pas sans la Conscience. Ainsi le Grand Dieu régnait seul, sous forme de Conscience Pure, au seuil de la création. Surgi de Lui, l’univers composé d’êtres mobiles et immobiles, se résorbe finalement en Lui. Tel est l’enseignement unanime des textes révélés. Et c’est cette cohérence même qui désigne la Révélation comme moyen adéquat de connaître l’invisible. »
(La doctrine secrète de la déesse Tripura)

 « Et cet univers ne réside nulle part ailleurs qu’au sein de Sa Plénitude : hors de Lui, en effet, il n’y a pas même de lieu. Il est le miroir au fond duquel éclot l’image de l’univers. Telle est la Vérité. » (La doctrine secrète de la déesse Tripura)   

L' ACTE QUINTUPLE :

« AUM ;  je me prosterne devant le Seigneur Suprême qui exécute constamment le jeu des cinq fonctions - création, maintien, dissolution, dissimulation et grâce. Il révèle continuellement la vraie nature de la réalité transcendante : Il est Conscience et Béatitude. » (Pratyabhijnâhridayam)

 

La Conscience universelle, dans son absolue liberté, accomplit en permanence « l’acte quintuple » de création, de maintien, de résorption, de dissimulation et de révélation. Cet « acte quintuple » est ce qui caractérise Sa Souveraineté propre. A chaque instant la Suprême Conscience projette sur son propre écran la multitude des êtres et des choses. Elle les maintient ensemble en son Unité, pendant une période fixée pour chaque objet et chaque espèce, puis les résorbe finalement en Elle-même. Son pouvoir de dissimulation est la conséquence directe de la différenciation qui existe entre Sujets Connaissant et objets à connaître. Sa révélation est son accomplissement même ; c’est la Grâce donnée aux Hommes parvenus à la parfaite Connaissance de Son Unité.

 

Shiva répondit :  « Je vais vous enseigner ce grand secret de ma quintuple activité, par amour et compassion pour vous. O Brahmâ et Vishnou, le cycle permanent des cinq fonctions consiste en création, maintien, destruction, occultation et grâce. La création est la manifestation de l’univers. Son maintien est de lui donner permanence dans la durée. La destruction est sa résorption dans le Principe. L’occultation consiste à rendre la Vérité plus cachée, la grâce à la révéler. La grâce est de montrer la Vérité qui délivre, la grâce est la cause de la libération du cycle des naissances et des morts.

Ce sont là mes cinq activités mais elles sont accomplies par d’autres comme dans le cas du gardien qui veille silencieusement à la porte, accomplissant la volonté de son maître. Les quatre premières fonctions concernent l’évolution de l’univers, elles sont cosmiques. La cinquième, cause de la libération spirituelle, est relative aux âmes incarnées. Toutes ensemble elles constituent ma prérogative. On peut aussi observer ces cinq activités dans les cinq éléments : la création, dans la Terre, le maintien, dans les Eaux, la destruction, dans le Feu, l’occultation, dans l’Air et la libération, dans le Firmament. Tout est créé par la Terre. Tout s’épanouit grâce aux Eaux. Tout est activé ou détruit par le Feu. Tout est enlevé ou emporté par le Vent et tout est béni par le Firmament. Les hommes intelligents peuvent discerner cela.

Pour m’occuper de ces cinq fonctions, j’ai cinq visages, quatre dans les quatre directions de l’espace et le cinquième au centre. Vous, mes fils, à cause des ascèses que vous avez accomplies, vous avez reçu en partage les deux premières activités : création et maintien. En les assumant vous me plaisez et vous êtes bénis. Pareillement, les activités suivantes, destruction et occultation, ont été assignées à Rudra et à Mâhesha respectivement. La cinquième, celle d’accorder la grâce et la délivrance, ne peut être assumée que par Moi. Toute cette organisation préétablie, vous l’avez oubliée avec l’écoulement du temps, tandis que Rudra et Mâhesha ne l’ont jamais perdue de vue. »
(Shiva Purana X. 2 à 12)

Par Philippe Pankratoff
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Dimanche 6 avril 2008

Le Moi Suprême (Purushottama), la Réalité Ultime (Cit), la Suprême Conscience (Parâsamvit), la Réalité Absolue (Brahman), l’Eternel Shiva (Sadâshiva), tous ces Noms et tant d’autres encore, désignent Celui qui ne peut être nommé. Toute tentative de décrire l’Innommable, se heurte aux limites des mots. Toutes pensées et toutes paroles sont issues du Silence initial et retourneront finalement au Silence initial. C’est pourquoi les mots ne sont rien d’autre que des indications, des signes (lingas) rendus visibles et intelligibles, pour les êtres doués de raison.

 

« Ce qui est en nous est Lui et tout ce dont nous avons l’expérience hors de nous est Lui. L’intérieur et l’extérieur, le lointain et le proche, le mobile et l’immobile, tout cela Il l’est ensemble. Il est la subtilité du subtil qui est au-delà de notre connaissance. Il est l’indivisible et Il est l’Un, mais semble Se diviser en formes et en créatures, et apparaît comme chacune des existences distinctes. Toutes choses éternellement naissent de Lui, sont maintenues en Son éternité, éternellement reprises en Son unité. Il est la Lumière de toutes les Lumières et Lumineux par-delà les ténèbres profondes de notre ignorance. Il est la Connaissance et l’objet de la connaissance. Il siège dans le cœur de tous. » (Bhagavad-Gîtâ XIII. 16,17,18)

Par Philippe Pankratoff
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Samedi 12 avril 2008

« Cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira. »

(Evangile selon Saint Mathieu)

 

QUI SUIS-JE ? :

 

« Qui suis-je ? » est la grande question, l’unique question que tout chercheur de Vérité doit se poser. Si l’esprit s’introverti sérieusement et cherche la source de son identité, il arrivera finalement au repos dans le Soi. Le Soi n’est pas « quelque chose » que nous devons obtenir, par une pratique quelconque, pas plus qu’Il n’est un objet de réflexion, ni un concept philosophique. Le Soi est toujours présent. En vérité, nous sommes le Soi et notre nature profonde est Félicité (Ananda). En vérité, nous sommes totalement ignorants de notre état Bienheureux. Pour que le Soi illumine de nouveau nos vies, il nous faut faire de la place, il suffit tout simplement de soulever les voiles.

« Quand le disciple est désert,
il sera rempli de lumière ;
  Mais quand il est partagé, il sera rempli de ténèbres. »  (Evangile selon Thomas)

 

« Considère ce qui, en toi-même, se laisse désigner comme « mien ». Ta propre nature intime est précisément ce qui ne se laisse pas désigner ainsi. Retiré dans un lieu tranquille, efforce-toi d’éliminer systématiquement tout ce qui en toi peut-être appelé « mien ». Reconnais ensuite (ce qui reste) comme le Soi suprême. Moi-même, par exemple, tu me vois comme « mon épouse ». C’est donc que je n’appartiens pas à l’Essence de ton être. Tout au plus, puis-je être considérée comme « tienne » en fonction d’une certaine relation (sociale). De la même manière, tu dois abandonner tout ce qui t’apparaît comme « mien » et identifier au Soi ce qui refuse de t’apparaître comme tel. Tu parviendras ainsi au salut. » (La doctrine secrète de la déesse Tripura)

 

« Dès l’instant où vous serez profondément convaincu de ne rien pouvoir dire d’autre de vous que « je suis » et que rien qui puisse être désigné soit vous, le besoin du « je suis » sera dépassé et vous ne serez plus appliqué à vous définir avec des mots. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de vous débarrasser de la tendance à vous définir. Toutes les définitions ne s’appliquent qu’au corps et à ses expressions. Une fois l’obsession du corps disparue, vous retournerez spontanément et sans effort à votre état naturel. » (Sri Nisargadatta)

SO’ HAM : LUI JE SUIS :


« So’ham est le souffle vital,
AUM est l’âme même du souffle. »

 

So’ham est le mantra de l’identification par excellence. C’est le plus grand de tous les mantras. C’est un abheda-bodha-vâkya, c’est-à-dire qu’il signifie l’identité du moi individuel au Soi universel. « So » se traduit par « Lui »  et « (a)ham » se traduit par  « je suis » . La répétition de ce mantra se combine avec la respiration consciente (voir chapitre 6). A chaque inspiration le yogin répète mentalement le son  « So »  , à chaque expiration le yogin répète mentalement le son  « ham » . So’ham est l’une des principales techniques de méditation.

Sa pratique nous fait pénétrer dans l’espace mystérieux (
dvâdashânta) qui existe entre le souffle inspiré (prâna) et le souffle expiré (apâna). Cet espace  est le point de fusion (mahyadashâ), le Coeur secret et véritable de notre être. L’approche de ce mantra demande une foi ardente (bhakti) dans le Seigneur et une parfaite humilité. La pureté du mental est nécessaire pour en en saisir le sens. So’ham  se révèle au cœur pur.

 

« Bhairava (Shiva) prononce la syllabe ham avec l’apâna (l’expiration) et So avec le prâna (l’inspiration) et il existe au point de jonction entre les deux. Il digère toute la nourriture. Il fait circuler le sang dans le corps. Tout est en Lui et Lui appartient. Il est toute chose. Bhairava sait tout, partout, en tout temps. Personne ne peut le connaître, car Il est le Connaissant de tout. Il existe dans sa propre gloire. Il a des yeux qui voient le monde entier, mais nos yeux ne peuvent pas Le voir. » (Swami Muktananda)

 

« Aucune sâdhanâ ne peut être comparée à celle du dvâdashânta. Tous les Siddhas ont atteint Dieu dans le dvâdashânta par So’ham. Quand un yogin a cette vision égale, il comprend l’état d’égalité dans lequel l’état de dualité du prâna et de l’apâna fusionnent dans l’espace mystérieux, à l’intérieur ou à l’extérieur. En même temps et de la même façon, il dissout tous les objets du monde dans le mystérieux Principe Suprême. Maintenant il voit tout comme étant inséparable de lui-même. En ayant cette vision d’égalité étendue, il atteint l’état suprême. » (Swami Muktananda)    

 

 

 

 

Par Philippe Pankratoff
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Samedi 12 avril 2008

« Celui qui sait que toute cette gloire (de la manifestation) est sienne (c'est-à-dire appartient à l'esprit) qui réalise que le cosmos entier est son Soi, possède Mahesatâ (état du Seigneur Shiva) même quand les vikalpas (différence de perception) agissent ». (Isvarsa Pratyabhijnâ)

 

Quand le sage yogin a parfaitement réalisé que Tout est Lui, Dieu, Un, que le fini repose dans l’Infini et qu’il est lui-même l’auteur de « l’acte quintuple », toutes ses chaînes se brisent. Voir l'Unité dans la multiplicité et la multiplicité dans l’Unité, c'est se libérer de l’illusion de la dualité, c'est obtenir la Vision Divine (la Vision d’Amour et s’immerger dans l’éternelle félicité. 
  
                                           
            

« ...Quant au fait que le Seigneur est toujours l' auteur de l' acte quintuple, je l' ai démontré extensivement dans le Spandasandoha. Ainsi, lorsque cette production de l' acte quintuple a lieu à l' intérieur d' une expérience personnelle, si elle est poursuivie sérieusement avec une compréhension ferme, elle révèle au dévot la grandeur du Seigneur. Par conséquent, ceux qui réfléchissent toujours sur cet (acte quintuple) qui connaissent l' univers comme un déploiement de la nature essentielle (de la Conscience), ceux-là deviennent libérés dans la vie même. C' est ce qu' affirme la tradition (sacrée). Ceux qui ne  réfléchissent  pas  ainsi,  voyant tous  les  objets d' expérience comme essentiellement différents, demeurent liés à jamais. » (Pratyabhijnâhridayam) 

« CONNAIS-TOI TOI-MEME» :

Cette célèbre locution, gravée sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes, résume parfaitement bien toute la pratique du Jnâna-yoga et la marche à suivre nous est indiquée par cette autre locution, un peu moins célèbre, mais toute aussi profonde :

« Cherche la réponse en ce même lieu d’où t’est venue la question. » (Rûmî)

 

 

FIN DU HUITIEME CHAPITRE
Par Philippe Pankratoff
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TITRE

  • La fine fleur du Yoga 

CITATIONS



Le privillège rare que représente un corps humain vous a été donné à la seule fin de suivre une discipline pour réaliser votre divinité.
(Ma Ananda Moyi)
Le monde est aveugle, rares sont ceux qui voient.
(Dhammapada)
Celui qui sait voit Dieu partout ; l'ignorant voit le monde dans sa diversité et souffre comme l'enfant imaginant que son ombre est un fantôme.
(Yoga vasishtha)
Si tu cherches l'union avec Dieu, ne tourmente le coeur de personne.
(Baba Farid)
Celui qui possède la gnose sait d'où il vient et où il va.
(Evangile de Vérité)
La vie spirituelle n'est possible que pour celui qui sait être patient.
(Mata Amritanandamayi)
Le soufi est celui qui ne voit dans les deux mondes rien d'autre que Dieu.
(Shibli)
Vous cherchez votre propre bonheur et je vous dis qu'une telle chose n'existe pas. Le bonheur n'est jamais votre : il est lorsque le moi n'est pas. (Nisargadatta)
Le renoncement est pure gnose et non la robe ocre ou le crâne rasé.
(Ramana Maharshi)
Qui ne désire rien possède tout. Qui désire tout n'a, en vérité, encore rien reçu.
(Angelus Silesius)
Ne connaître que les Ecritures, c'est ne rien connaître. Connaître c'est être.
(Nisargadatta)
L'homme réalisé connaît ce dont les autres ont simplement entendu parler, mais n'ont pas l'expérience.
(Nisargadatta)
Les Shastras, les Ecritures sacrées ne présentent aucun intérêt pour ceux dont le mental est tourné vers l'intérieur. Elles sont destinées aux autres.
(Ramana Maharshi)
Quand l'océan des pensées est agité par le vent du désir, il ne peut reflèter Dieu.
(Ramakrishna)
C'est la foi dans le Nom du Seigneur qui accomplit les miracles, car la foi c'est la vie et le doute c'est la mort.
(Ramakrishna)
Pour être libre dans le monde, il faut être mort au monde.
(Nisargadatta)
Cette création appelée le jeu de Shakti (Maya) n'est qu'une idée du Seigneur. Si l'on transcende l'idée, l'Etre seul demeure.
(Ramana Gîta)
Tu peux discourir souvent sur le Soi ou écouter différents livres sacrés, tu ne trouveras la paix que par l'oubli de tout.
(Astravakra Gîtâ)
Le Soi n'est ni mâme, ni femelle, ni neutre. Il ne peut être objet ni de perception, ni de déduction.
(Avadhuta Gîtâ)
Le Ciel est en toi. Arrête, où cours-tu donc, le Ciel est en toi ; et chercher Dieu ailleurs, c'est le manquer toujours.
(Angelus Silesius)
Le monde et le mental apparaissent ensemble et disparaissent ensemble.
(Ramana Mahardhi)
Vouloir suivre la voie de la connaissance sans la dévotion, c'est comme manger des pierres.
(Mata Amritanandamayi)
Celui qui aime la Vérité est certain de réaliser Dieu.
(Ramakrishna)
L'océan est contenu dans une goutte d'eau et la goutte d'eau dans l'océan.
(Ma Ananda Moyi)
Si le mental demeure en paix dans l'Un, les vues duelles disparaissent d'elles-mêmes.
(Sin Sing Mei)
Le véritable silence est l'absence d'ego.
(Ramana Maharshi)
Si le Soi est réalisé, le monde cesse d'apparaître comme une réalité objective.
(Ramana Maharshi)
Il n'existe aucune différence entre Dieu, le Guru et le Soi.
(Ma Ananda Moyi)
Lorsqu'on réalise Brahman, plus rien ne peut être dit.
(Mata Amritanandamayi)
Le prochain, le voisin, le compagnon sont tous Lui ! Sous les haillons du mendiant et la pourpre du roi, c'est Lui.
(Jami)
Quoi que je regarde, je ne vois nul autre que Toi.
(Khwaja Mir Dard)
L'Amour, en vérité, est Dieu.
(Thiroumoular)
Ni Ma terre ni Mon ciel ne Me contiennent, mais Je suis contenu dans le coeur de Mon serviteur didèle.
(Hadith)
Invoquez avec amour le Nom béni du Seigneur et la montagne de vos péchés s'évanouira à vos yeux comme une balle de coton brûle
et disparait si une seule étincelle tombe dessus.
(Ramakrishna)
Les oiseaux viennent se poser sans crainte auprès des bienheureux qui habitent les grottes des montagnes, livrés à la contemplation de la Lumière Suprême et boivent les larmes de bonheur qui coulent de leurs yeux. (verset hindou)
Comme se mélangent les eaux du Gange et de la Yammunâ, ainsi se mêlent, dans le coeur du chercheur pieux, les deux courants de l'amour et du sacrifice. Dans son coeur, l'eau sacrées'épanche jour et nuit et ainsi s'achève le cycle des naissances et des morts.(verset hindou)


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