« Quoique je fasse, O Seigneur,
tout cela est ton culte. »
(Shankarâchârya)
Le karma-yogin trouvera dans le monde, mille et une façons de se rendre utile. Pour lui, le service rendu à
son prochain sera de même nature que le service rendu au Seigneur Dieu. Le karma-yogin se considérera comme l’éternel serviteur de son Seigneur, l’ouvrier universel aux multiples possibilités. Il servira le Seigneur par amour pour Lui. Il mettra son aide à la disposition du
plus pauvre, de celui qui souffre, ou de celui qui est seul. Il cherchera à secourir ceux qui sont dans la détresse et l’abandon. Il donnera de son temps et de son énergie à tous ceux qui seront
dans le besoin. Il leur apportera force et espoir et leur montrera l’unique voie : l’Amour.
« Le vrai dévot s’abstient de toutes les activités
qui pourraient lui faire oublier Dieu. Qu’est la bonne action et qu’est la mauvaise ? Qu’est le bien et qu’est le mal ? Le seul critère est que ce
qui est bien et juste vous aide à garder votre esprit fixé en Dieu, vous aide à garder le souvenir de Dieu ; et ce qui est mal ou faux est ce qui vous fait oublier Dieu et vous éloigne de
Dieu. » (Swâmi Prabhavânanda)
LE SACRIFICE :
« En faisant les œuvres
autrement que comme sacrifice, ce monde des hommes est tenu enchaîné par les œuvres ; pratique les œuvres en tant que sacrifice, ô fils de Kuntî, te
libérant de tout attachement. Avec le sacrifice le Seigneur des créatures créa jadis les créatures et dit : Par ceci tu engendreras ; que ceci soit pour toi la vache qui exauce les désirs. Par ceci nourris les dieux et laisse les dieux te nourrir. L’un par l’autre étant nourri, tu atteindras le bien suprême.
Nourris par le sacrifice, les dieux te donneront les joies désirées ; celui qui jouit des joies qu’ils donnent et ne leur a rien donné, celui-là est un voleur. Les bons qui mangent ce qui
reste du sacrifice sont délivrés de tout péché ; mais ceux-là sont des méchants et jouissent du péché qui cuisent les aliments pour eux-mêmes. De la nourriture naissent les créatures, de la
pluie naît la nourriture, du sacrifice naît la pluie, le sacrifice est né du travail ; le travail, sache-le, est né de Brahman, Brahman est né de l’Immuable ; c’est ainsi que Brahman
qui tout pénètre est établi dans le sacrifice. » (Bhagavad-Gîtâ III. 9 à 15)
L' ACTION :
« Sur ce qu’est l’action et ce qu’est l’inaction, les sages mêmes sont perplexes et se trompent. Je vais te révéler l’action dont la
connaissance te délivrera de tous maux. Il faut comprendre au sujet de l’action et comprendre au sujet de l’inaction, il faut comprendre aussi ; enchevêtrée et touffue est la voie des
œuvres. Celui qui dans l’action peut voir l’inaction et qui peut voir l’action continuant encore dans la cessation des œuvres, celui-là est parmi les hommes l’homme de raison vraie et de
discernement ; il est en Yoga et il est l’ouvrier universel aux capacités nombreuses. Celui dont tous les concepts et toutes les entreprises sont libres de volonté de désir, dont les œuvres
sont brûlées au feu de la Connaissance, celui-là, ceux qui savent l’ont appelé un sage. Ayant abandonné tout attachement aux fruits de ses actions, à jamais satisfait, sans aucune sorte de
dépendance, il n’agit pas, bien que [par sa nature] il s’engage dans l’action. Il n’a point d’espoirs personnels, ne se saisit point des choses en tant que possessions personnelles ; son
cœur et son moi sont parfaitement maîtrisés ; accomplissant les actions par le seul corps, il ne commet pas de péché. Celui qui est toujours satisfait de ce qu’il reçoit qui a franchi les
dualités qui n’est jaloux de personne qui demeure égal dans l’échec et dans le succès, celui-là n’est pas enchaîné alors même qu’il agit. Quand un homme libéré, délivré de tout attachement, le
mental, le cœur et l’esprit fermement fondés sur la Connaissance de soi, fait les œuvres comme sacrifice, toute son activité se dissout. » (Bhagavad-Gîtâ IV. 16 à 23)
LILA : LE JEU DE DIEU :
Dieu est à la fois « sans forme » et « avec forme ».
Sans forme, Il est la Pure Conscience Immaculée (Shiva), avec forme Il est le déploiement de Ses Energies (Shakti).
Ce déploiement qui constitue l’univers visible, est en vérité Son Propre Jeu (Lîlâ). C’est pourquoi, le yogin doit toujours adorer Shiva et Shakti ensemble et non l’un sans l’autre. L’Un et le multiple sont
inséparablement liés pour l’Eternité.
FIN DU DIXIEME CHAPITRE